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19 juin 2021
HAITI

L’exode de Martissant, trois femmes racontent leurs traversées du désert

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Le mardi premier juin a été ensanglanté à Martissant. À cause d’un conflit de plusieurs gangs rivaux. Un chaos qui a obligé les habitants à chercher refuge ailleurs. Dofen news est allé à la rencontre de trois femmes d’âges différents qui racontent leurs expériences de déplacées. 

《 En partant, nous avons rencontré des bandits qui nous ont dit, ah vous partez sans attendre la suite des évènements ?  » , raconte Samantha 18 ans, en classe terminale.》

《 J’habitais à Martissant 2 A. J’étais chez moi, mais ma mère ne rentrait pas encore. Mardi, dans l’après-midi, j’entendais des tirs de loin, mais je ne me suis pas inquiétée pour autant, sachant que ça va s’arrêter. Mercredi, dans la matinée, pendant que je me préparais pour aller à l’école, les tirs reprenaient. Ainsi, j’ai décidé de ne plus y aller. Je me suis couchée. Il est 4 heures pm. La situation reste inchangée. En partant nous avons rencontrés des bandits qui nous ont dit, ah vous partez sans attendre la suite des évènements j’ai appelé ma mère pour lui dire qu’elle n’a pas besoin de rentrer. J’ai dormi chez une voisine. Le lendemain matin, nous avons pris la fuite. Ce qu’ils ne pouvaient pas emporter, ils les ont fracassés 》.

《 Subitement, les bandits avaient pénétré la zone. Ils ont pointé leurs armes sur les riverains. Très mauvaise sensation. Ils avaient mis le feu aux maisons et tué beaucoup de gens 》, explique Vivianne, tenante d’une petite boutique à Martissant 11.

La pauvre femme qui a tout perdu, se dit encore secouer et traumatiser.
« Mercredi, vers 11 heures dans la matinée, les coups de feu résonnaient encore dans le quartier. Néanmoins, je ne me suis pas alarmée pour autant, car c’était ainsi depuis lundi. Mais à mesure que les heures s’égrenaient les choses dégénéraient. Subitement, les bandits avaient pénétré la zone. Ils ont pointé leurs armes sur les riverains. Très mauvaise sensation. Ils avaient mis le feu aux maisons et tué beaucoup de gens. »

« Il était aux environs de 6 heures lorsque j’ai fui la zone, en compagnie d’autres personnes qui étaient chez moi. Ils étaient obligés d’abandonner leurs maisons, pensant qu’ils seraient en sécurité chez moi. J’ai laissé ma maison sans connaître ma destination. Pendant que nous sortions, nous avions croisé les bandits. Dieu merci, ils nous ont rien faits, mais des victimes, il y en avait beaucoup.J’étais vraiment traumatisée et je le suis encore. Ce qui m’occasionne parfois des pertes de mémoire. J’ai vécu 2004, mais aujourd’hui je vois que c’est pire. »《 Je n’ai plus rien désormais, ils ont pillé ma boutique 》, a déclaré Rosalie.

Elle était mal voyante. Suite à des opérations chirurgicales récentes, elle peine encore à recouvrer la vue comme avant. La quinquagénaire est sauvée de justesse par sa sœur.

« J’avais ma demeure à Martissant 11 avec ma sœur. J’étais couchée sous les ordonnances du médecin, car mes yeux ont subi une opération chirurgicale, il y a peu de temps. Le docteur m’interdisait de ne rien faire. Lorsque nous avons entendu les tirs, ma sœur m’a tiré vers la sortie. Je n’ai plus rien désormais, ils ont pillé ma boutique. »

Nos trois interlocutrices sont toutes choquées. Elles ne se voient plus retourner dans leur ancien quartier, devenu un repaire de bandits et de corps brûles. Cependant, elles souhaitent toutes que la paix soit rétablie. « Je veux la paix pour Martissant, mais hors de question que j’y retourne. Je préférerais rentrer en province, dans les mornes de Leogane », a proféré Rosalie.

Vivianne quant à elle, a fait le même souhait. « Je demande la paix pour la zone, car elle possède de grandes ouvertures économiques qui donnent pas mal de possibilités pour vivre. Cependant, même si les choses s’amélioraient, je ne pourrais plus habiter là-bas.  Je ne me sentirai jamais bien et en paix avec moi-même, j’aurai toujours peur. » Samantha a souligné la même chose. 

À Léogane, beaucoup de déplacés de Martissant et de Fontamara y retrouvent refuge chez les habitants. Ces 3 femmes font partie d’un groupe de 40 personnes qui est majoritairement composée de femmes et d’enfants. 

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