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19 juin 2021
HAITI

Nervno Fils de plume s’en va à la Coupe du monde de Slam

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Entre Nervno Fils de plume et le slam, il existe une grande histoire d’amour. C’est cette profonde relation qui l’emmène à représenter sa terre natale, à la 18ème édition de la Coupe du monde de Slam de Poésie, une grande première pour cette forme de poésie en Haïti. Elle se fera du 11 au 16 mai de cette année dans la capitale de France, Paris.

Regroupés en groupe de 4, ils sont 20 pays à discuter le trophée. Le jeune slameur se verra confronter en premier lieu : RAQ du Maroc, Joao Baptista Nguenha de Mozambique, Le Chirurgien des Mots de la Côte d’Ivoire et Kimi Ishiwata du Japon. Avant de s’envoler pour Belleville, il se livre sur son énorme attachement au Slam et nous donne plus de détails sur la compétition

Flash Info: Qui est Nervno fils de plume ?

Nervo : Je suis un slameur âgé de 26 ans parallèlement qui a fait des études en Psychologie à la Faculté d’Ethnologie. En 2015, j’ai été lauréat du concours de talent de L’institut Français. En 2016, j’ai présenté mon premier album de slam qui s’intitule ‘’Vers Balles’’. En 2020, j’ai été sacré meilleur slameur haïtien de la décennie, et cette année, je vais représenter Haïti, mon pays, à la Coupe du Monde de Slam.

F.I : Pourquoi choisir un tel pseudonyme ?

N : A mes débuts, je me faisais appeler Nervno le P’tit Grand. Les gens avaient pris l’habitude pour l’associer à mon physique mais ce n’était pas ça l’idée. Ensuite, lorsque j’ai rencontré pas mal de personnes avec ce pseudo « le P’tit Grand », j’ai laissé tomber. Au final, ils n’arrivaient pas à capter seulement Nervno comme pseudo, j’ai dû faire une combinaison avec Fils de plume comme slogan. Nervo est un amalgame qui découle de mon prénom Nerva et de mon nom Noël. Fils de plume est utilisé en guise d’analogie de cette relation intime qu’existe entre une mère et son fils, c’est de même pour moi et la plume.

F.I : Dis-nous, pourquoi faites-vous du slam ?

N : Avant tout je le fais parce que je l’aime. Etant toujours interpellé par les oppressions, je parle au nom d’un peuple sans voix. J’utilise le slam pour m’exprimer, extérioriser mes sentiments, pour faire passer des messages.

F.I : Depuis quand faites-vous du slam ?

N : Depuis 2013 mais je le pratique professionnellement depuis 2016.

F.I : S’adonner à cette forme d’expression oratoire représente quoi pour vous ?

N : C’est un art oratoire où quelqu’un peut s’exprimer librement. Pour moi, c’est un exutoire à travers lequel je peux dire des choses que je n’aurais pas dit si je n’étais pas slameur.

F.I : Dans le monde du slam, quel est votre modèle ?

N : Je n’ai pas d’artistes considéré comme modèle dans le slam mais dans la musique en générale c’est Youssoupha, un rappeur français que connait presque tout le monde.

F.I : Avec quel artiste haïtien aimeriez-vous collaborer ?

N : J’en ai plein. J’aimerais bien collaborer avec la rappeuse Kanis, les chanteurs Roody Roodboy, BIC…

F.I : Pourriez-vous nous parler un peu sur les thématiques de vos textes ?

N : J’ai une écriture mosaïque ce qui implique que je m’exprime sur beaucoup de sujets. Je ne reste pas bloquer sur un sujet quelconque. Je suis généralement interpellé par le racisme, les oppressions, les choses qui causent du tort, quand il y a ce rapport entre dominant et dominé. Quoique j’ai des textes engagés mais ça ne veut pas dire je ne peux pas parler du fun, de tout ce qui me fait plaisir.

F.I : Quelles sont les complications rencontrées dans ce domaine ?

N : On retrouve d’abord le problème de trouver des spectacles, ensuite la rareté de sponsors. C’est super difficile pour les sponsors. On vit aussi dans une société où le slam est méjugé. Plusieurs avis voudraient sous-entendre que c’est un mouvement oiseux de jeunes, ils ne font que parler français et ce n’est pas un secteur lucratif. D’ailleurs, je n’ai pas encore rencontré quelqu’un qui dit qu’il voudrait investir dans le slam.

F.I : Sur le long terme, où est-ce que vous vous voyez avec le slam ? Et quelle avancée pour ce secteur en Haïti ?

N : Je ne sais pas trop mais ce dont je suis sûr, je serai plus loin par rapport à où je me retrouve aujourd’hui. Ce que j’avais toujours souhaité pour le slam en Haïti, c’était la participation du pays dans la Coupe du monde du Slam. Un rêve qui est en train de réaliser après 8 ans.

F.I : Qu’en est-il de votre présence dans cette Coupe du monde de Slam ?

N : Avant, je dois vous dire que la Coupe du monde de Slam est un concours international qui est à sa 18ème édition mais c’est pour la première fois qu’Haïti se joint à cette compétition. Pour y participer, il faut que vous soyez champion national de son pays d’origine ou que vous ayez pu décrocher un titre assez récent. Étant donné que j’avais été désigné slameur haïtien de la décennie l’an dernier, je suis bel et bien légitime.

F.I : Comment le public haïtien peut-il vous apporter leur support dans ce concours ?

N : Je les attends sur les réseaux sociaux spécialement sur youtube en likant ma page où mon nouveau clip sortira très bientôt. Je les attends dans les commentaires avec des mots d’encouragements. J’ai également besoin de leur soutien moral. Ils pouvent me contacter de part ma page facebook et me laisser des souhaits.

F.I : Que peuvent espérer vos fans après cette compétition ?

N : J’ai mon deuxième album qui est déjà fin prêt. Le lancement était prévu pour l’année dernière mais ce sera fait soit après le concours ou à la fin de l’année et occasionnellement au début de l’an prochain.

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