28.8 C
Port-au-Prince
18 juin 2021
HAITI

Un pasteur-rappeur et une féministe pour parler de rap et d’engagement féministe à « Dimanche littéraire »

© %author%

Dimanche dernier, le théologien et rappeur Evens Samedi et la féministe Mélissa Béralus ont été les intervenants de l’activité hebdomadaire baptisée « Dimanche littéraire ». Leur débat était porté respectivement sur les thèmes « Rap évangélique  » et « Engagement féministe ».y

Dans l’après-midi du 09 mai 2021, le staff de « Dimanche Littéraire » a reçu à Toucho-Bar à la ruelle Chrétien le théologien rappeur Evens Samedi et la militante féministe Mélissa Béralus. L’événement s’est déroulé en trois moments distincts. Pendant les 25 premières minutes, devant un public de bon enfant, le chanteur Evens Samedi a pris le soin d’expliquer ce que le terme  » Rap évangélique » ou encore « Rap chrétien » laisse entrevoir.

Il a commencé par rappeler que le chrétien n’est pas qu’un citoyen céleste, qu’il est comme le reste de la population, qu’il jouit de ses droits civils et politiques comme tout le monde. Pour lui, le citoyen même s’il est chrétien n’a pas à s’abstenir des revendications sociales alors qu’il y fait face aussi.

L’évangéliste, pour asseoir ses avancées, a eu recourt à quelques-uns des  personnages de la bible dont David, Jérémie et Paul qui sont les figures les plus sollicitées dans ses propos. 

 » kretyen an pa ka ap di l pa nan politik paske l’ap viv sitiyasyon yo tou » a-t-il fait savoir. Aujourd’hui, plusieurs chrétiens commencent à investir la scène politique. Beaucoup d’organisations évangéliques comme certaines associations de pasteurs, d’églises commencent elles aussi à se montrer, a-t-il continué.

Selon les dires de Mr Evens, le rap a pour mission de critiquer tout ce qui est mauvais dans la société et ce, même à l’intérieur de l’Église.

Le public captivé par l’intervention de Mr Evens a voulu passer directement aux questions. Toutefois, il a fallu attendre l’intervention de Mélissa Béralus comme il était prévu au programme. C’est une Mélissa décontractée, très sûre d’elle-même qui a pris la parole. 

Mélissa qui voulait éclairer son public sur ce dont le féminisme serait au-delà des multiples conceptions a tenu à définir le concept. Selon elle, l’idée selon laquelle une féministe est forcément une lesbienne, un « pye lejè » est fausse.

« Moi-même, j’ai toujours dit que le féminisme c’est un humanisme qui ne dit pas son nom », a déclaré la jeune femme comme si elle voulait résumer ses propos concernant la définition du mot féminisme. Ce que les mouvements féministes auraient réclamé c’est l’égalité, ils ne veulent plus que les femmes soient surdéterminées dans les rapports sociaux, a continué la féministe militante.

Toutefois, l’intervenante reconnait qu’il peut exister plusieurs courants féministes en Haïti qui ont des intérêts de groupe.

 » Par exemple, je suis d’un certain type de fille, je viens d’un type de milieu, pensez-vous que madame Martelly allait être d’un même type de féministe que moi ? », a-t-elle demandé.

La troisième partie de l’activité, consacrée aux questions, a été des plus intéressantes.

Peut-on parler d’une église engagée en Haïti ?, a lancé un membre de l’assistance à Mr Evens, responsable de la ligue Évangélique.

« Alors, je peux dire oui et non à la fois parce qu’il y a de plus en plus de leaders évangéliques qui intègrent la réalité politique. Toutefois, nous ne savons pas à quel point ils sont sérieux » a t- il répondu.

« Kòm w’ap montre fanm yo yo gen dwa, eske’w aprann yo yo gen devwa tou ? paske fòk yo konnenl » a lâché un homme au crâne rasé à Mélissa.

 » Mwen pa la pou’m di moun yo gen devwa ak dwa, gen enstitisyon ki la pou sa » a t’elle répliqué.

Lorsqu’un jeune homme portant des dreads locks a demandé au théologien comment il a fait pour oser marier le rap comme tendance révolutionnaire émanant des ghéttos et l’église avec toutes les valeurs qu’elle prône alors qu’il est pasteur. Pour répondre, le musicien s’est une fois de plus référé à la Bible : David di bay Bondye glwa ak tout bagay. Apòt Pòl di lè’m devan grèk yo m konpòte’m an grèk, ak payen yo, m konpòte’m tankou payen pou m ka evanjelize yo. « Wap pran yon jwen bòz avè’m tou pou’w ka ban’m mesaj la pas » a répliqué  le jeune homme. Du rire, de la moquerie tout pour un débat très animé.

De par cette énième rencontre de « Dimanche littéraire », les organisateurs ont tenu à mettre l’emphase sur la nécessité d’une rééducation. Pour Evens Samedi et Mélissa Béralus, le message est clair, il faut oser. Pour ce faire, les femmes doivent investir l’espace public et lutter pour bannir les inégalités dont elles sont victimes. Parallèlement, leur droit de choisir doit être reconnu de tous, le mariage ne doit plus être le seul moyen de réussite pour les filles. Quant à l’Eglise, elle a son rôle à jouer dans ce processus. 

Related posts

Geewee Never Die, un rappeur engagé

Marie Fillette Guerlie Edouard

Mois du cancer du sein, Octobre Rose Haïti se mobilise

FlashInfo

Un caméraman de Télé Ginen victime d’agressions physiques

FlashInfo

Leave a Comment