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4 août 2021
HAITI

Des aveux étonnants d’Ed Daliriks sur un beef avec D-Fi

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Dimanche Littéraire a reçu Ed Daliricks et Ja M Enigmatiq à son édition du 13 juin 2021. Les invités devaient intervenir sur le thème:  » Enpòtans pwezi ak Angajman nan rap ». Ils l’ont sûrement fait. Mais, des questions comme: Pourquoi Ed Daliriks a abandonné le collectif Powèt Revòlte dont il a été l’initiateur ? Qu’est ce qui est à l’origine de son beef avec D-Fi ? Désormais chrétien est-ce qu’il va abandonner le rap ? ont amené le débat à une incandescence qui pouvait incendier « Toucho bar ».

Pour sa première sortie pour le mois de juin, le rendez-vous culturel hébdomadaire Dimanche littéraire a reçu les rappeurs et compositeurs Ernest L. Edouard Junior dit Ed Daliriks et Jimmy Malbranche alias Ja M Enigmatiq. Ces derniers ont intervenu sur le thème: « Enpòtans Pwezi ak Angajman nan rap ». Une occasion dont les deux artistes ont profitée pour expliquer ce qu’ils entendaient par « pwezi nan rap la. »

Mariage de sens et de couleurs, renforcement ou pléonasme, respect du thème choisi sont un package qui peut aider dans la production d’un texte rap, selon ce qu’ils ont raconté alors qu’ils partageaient leurs expériences avec le public.

« M pa tankou Ed ki kapab ekri nenpòt kijan », a lancé Ja M Enigmatiq qui a profité de ce moment pour louer son ancien partenaire. Selon lui, lorsqu’il choisit un mot( terme), il doit y faire sortir ces quatre dimensions: Théologique, philosophique, scientique et métaphysique.
 » M pap bliye metafizik la  » a-t-il déclaré d’une voix obstruée par un sourire.

« Il n’y a pas de rap sans poésie » s’accordent-ils à dire.

En parlant d’engagement, il faut, semble t-il, trouver le complément.
« Engager à quoi? », a demandé Ed.  » Ou pa oblije pran yon pozisyon politik pou w angaje w » a-t-il poursuivi. Il pense qu’il est des rappeurs qui ne font que porter le titre de rappeur engagé.

« Le rappeur est un chanteur de fait un être engagé » , croit Ja M.
L’engagement ne doit pas être compris seulement par le fait pour un artiste de prendre des positions politiques.

Ils sont pour une supervision des textes d’abord.

À côté de la problématique de l’engagement, il y a aussi le problème de la supervision des textes rap.

« Nou pa gen moun ki pou ede nou » a avoué Ja M avant de montrer combien il est difficile lorsque c’est l’artiste qui produit le texte et qui, sans supervision aucune, va le chanter.

 » M gen yon tèks mwen ekri se aprè 2 zan wi m wè m fè yon erè ladann », a avoué ce dernier en guise d’illustration. Il a donc profité de ce moment pour évoquer l’irresponsabilité des médias en ce sens.

Les intervenants avaient tellement de choses à dire que Jeff One qui assurait la médiation semble avoir oublié le public qui pourtant avait plein de questions à leur poser.

Un malentendu entre deux frères.

« Ed, parlez-nous de ton passage de « Powèt revolte » à « Ayabonmbe » a lancé Jorana Alexis, la voix haïtienne de la chanson « Je suis un homme ».

Une question qui a sans doute activé un élément de lumière sur le conflit qui a opposé le rappeur Ed Daliriks avec D-Fi.

 » D-Fi se te zanmi m, m te fè l plis konfyans pase ti frè m » a fait savoir l’artiste avant de préciser que c’est lui qui avait l’idée de créer « Powèt Revòlte » qu’il avait conçu comme un mouvement littéraire et non un simple assemblage de rappeurs et de poètes. Il a affirmé qu’effectivement entre D-Fi et lui il y avait quelques différends. Comme vous le savez » lang ak dan konn mòde ».

Alors qu’il donnait des détails sur ses derniers jours au sein du groupe, il a regretté tout ce qui s’est passé entre lui et D-Fi qu’il avait considéré comme un frère.

 » Mwen te gen yon ti bagay pèsonèl ak D-Fi, se rete m rete m wè yon lèt ap sikile sou rezo sosyo ki di m deyò nan Powèt Revòlte », a-t-il expliqué.

Selon ces propos, il pouvait essayer d’arranger les choses mais, il a dû accepter l’idée qu’il ne comptait plus pour le groupe.
 » Ed pa kite Powèt Revòlte, yo mete m deyò », a-t-il martelé pour répondre à ceux et celles qui l’ont pris pour un traitre.

Si l’intervenant avait tenu à parler de ce conflit, il a aussi montré qu’il souhaite garder certains détails à l’abris du grand public. Toutefois, il a reconnu qu’il s’agissait d’une affaire de b?b?t mais, pas comme Rhode J’yvens Télémaque( D-Fi) veut le faire croire

Un coup porté par D-Fi qui a conduit Ed Daliriks à la conversion ? Pas tout à fait sûr. Ce qui est certain c’est que Jésus a conquis le coeur du rappeur, si vraiment nous devons faire confiance à ses propres mots.

Maintenant que tu es Chrétien, est ce que tu es prêt à pardonner ton frère et revenir dans le groupe ? Une autre quetion importante de la soirée venue de l’assistance. En fait, si le Boss de Ayabonmbe n’a pas répondu à la deuxième partie de la question, il a pris le soin de montrer à quel point il était prêt à tourner la page.

« J’ai rencontré Christ dans ma vie et depuis, je n’ai plus de place pour la haine » a-t-il répondu d’un ton souple et rassurant.

Alors qu’il se faisait chahuter par ses fans qui voyaient mal qu’il leur parlait de Jésus, il a déclaré avoir déjà pardonné à D-Fi: » M poko di li sa, map pwofite di sa devan laprès, m padone w epi m mande w padon D-Fi. ».

On attendait un beef mais, on a vu deux frères.

En lieu et place de Beef entre Ed de Ayabonmbe et Ja M de Powèt Revòlte, ces ténors du rap créole, ont gâté le public de Dimanche Littéraire avec des prestations: interprétation de certains morceaux très connus et des freestyles.

 » Malgre tout sa, yon album ak yon EP sèlman m genyen » a martelé Ja M lors d’une réplique.

 » Si map pare bal pou ou epi w ap banm kout ponya nan do se tèt ou w fè mal », a repris Ed de son côté.

Non, il n’y avait pas de beef, seulement des mots qui ont pesé lourd, vu le contexte. Qui n’aurait pas payé pour voir frère Ed se remémorant quelques extraits de certains de ses titres?

Si le rap créole fait ses buzz ces derniers temps, ils sont nombreux les rappeurs qui se plaignent du manque de solidarité et l’hypocrisie qu’il y a dans le milieu.

« Nèg la renmen w kòm atis men li pap janm achte album ou, sepandan lap met bagay nan plàn pou l al nan bal » ont-ils souvent dénoncé.

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