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Port-au-Prince
3 août 2021
HAITI

Geewee Never Die, un rappeur engagé

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A la fin du mois de mai, Geewee présentera Brainwashing sa toute première mixtape, une vingtaine de chansons engagées pour nous garder éveillés par ces temps sombres.

Flash Info : Pouvez-vous nous parler de vous ?
G.W : Je suis Gilles Wilson, né à Port-de-Paix, je suis rentré à Port-au-Prince pour effectuer mes études en anthropologie et sociologie à la faculté d’ethnologie et actuellement je suis au niveau 3. Je suis également un rappeur et un massothérapeute.

F.I : Pourquoi avez-vous choisi ce pseudo ?
G.W : Gee vient de Gilles et wee de Widson, (Gi-Wi)

F.I : A part la musique, que faites-vous d’autres dans la vie ?
G.W : A part la musique, j’étudie et milite pour une meilleure condition de vie pour les plus faibles.

F.I : Depuis quand chantez-vous ?
G.W : Il y a environ 20 ans, depuis à l’âge de 10 ans pour être plus clair.

F.I : Qui prenez-vous pour modèle dans le monde de la musique et pourquoi ?
G.W : Je n’ai pas de modèle dans le rap haïtien mais j’aime pas mal d’artistes comme Ja M, Met Liriks, Antitezz, qui sont des rappeurs évoluant dans la même sphère underground que moi.

F.I : Dans cinq (5) ans, où est-ce que vous vous voyez dans le monde musical ?
G.W : Au fait, je ne sais pas si c’est la carrière qui me mène ou si c’est moi qui la mène. Je pense que je serai là où je devrais être en dépit de mes chansons. Je ne pense pas, vu le contexte de notre pays, me limiter qu’à une carrière musicale. Il y a également mes études, je ne me vois pas d’abord comme un musicien mais plutôt un militant. Quelqu’un qui se battra pour influencer positivement. C’est vrai que j’aime la musique, c’est vrai que j’aimerais faire le buzz mais je ne pense pas avec les musiques engagées que la route sera facile toutefois j’espère bien être écouté par la foule.

F.I : Quels sont les obstacles auxquels vous avez dû faire face ?
G.W : Je n’arrive pas à compter combien étaient les obstacles et sont encore. Que ce soit d’ordre économique, médiatique, technique. Le choix de mes chansons est par essence, difficile, risqué. Le style de musique que je produis en Haïti ça n’intéresse pas vraiment la majorité et d’autant plus ne rapporte pas grand-chose dans une société comme la nôtre. On fait des chansons qui sont efficaces, des textes qui apportent des messages extraordinaires mais on s’en fout. Les médias également sont un obstacle lorsqu’on leur apporte la musique ils ne la passent pas malheureusement. Je comprends tout à fait, en effet c’est la réalité du pays. On ne valorise pas les choses qui nous élèvent.

F.I : Pourriez-vous nous parler un peu sur les thématiques de vos textes ? Quelles ont été vos inspirations ?
G.W : J’ai des thématiques bien spécifiques sur lesquelles je m’accentue afin d’apporter des messages dans une dimension plus profonde.
La première est celle de l’éducation. On a une mauvaise éducation celle qui nous oriente beaucoup plus vers quelque chose d’abject. Sur cette mixtape plusieurs titres ont rapport avec cette thématique telle que UEH info cette musique est liée aux difficultés auxquelles nous faisons face à l’université d’Haïti. La deuxième est la religion. Comme l’a si bien dit un auteur :« c’est l’opium du peuple » c’est-à-dire qu’elle nous endorme, elle nous empêche de réfléchir, de penser, de calculer. Je n’épargne pas non-plus les médias ainsi que les politiciens.

F.I : C’est pour quand la sortie de l’album et comment pourrions-nous le procurer ?
G.W : Avant tout, ce n’est pas un album mais plutôt une mixtape comportant 21 titres dont 19 morceaux, une intro et un interlude. La sortie est prévue pour la fin du mois de mai. Il n’y a pas encore une date définitive mais ce sera pour les derniers jour de ce mois. Pour se le procurer, le supporteur doit venir accompagné de son billet de Dessalines c’est-à-dire celui de 250 gourdes.

F.I : Quelle musique qui vous touche le plus sur cette mixtape ?
G.W : Toutes les chansons me touchent beaucoup mais celle que j’aime le plus est Matriyaka.

F.I : Combien de temps cela vous a pris pour réaliser l’album ?
G.W : Cela m’a pris six ans pour aboutir à ce projet de mixtape. Cela remonte à la sortie de mon démo le premier mai 2015.

F.I : Un mot pour tous les jeunes qui aimeraient se lancer dans ce domaine ?
G.W : Pour tous les jeunes qui veulent faire de la musique, je les encourage à ne pas choisir le chemin le plus facile c’est-à-dire écrire une musique qui n’aide pas vraiment la jeunesse, les enfants et les femmes à comprendre mieux leurs vies et leurs responsabilités et leurs droits.

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