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4 août 2021
HAITI

Hommage à Georges Liautaud, coup de projecteur sur le mouvement fer découpé au village Noailles

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Georges Liautaud est une figure emblématique dans le domaine de la sculpture en Haïti. Pour lui rendre hommage, AfricAmérica et l’Association des Artistes et Artisans de Croix des Bouquets (ADAAC), ont organisé une série d’activités à  » Maison Dufort »  le 28 mai dernier dont une conférence pour faire le point sur la première édition du concours « Prix artistique Georges Liautaud » qu’elles ont organisé dans l’objectif d’encourager les jeunes à s’intéresser à ce secteur d’activité à Village Noailles dans la commune de Croix des Bouquets.

Pendant la jounée du 28 mai la « Maison Dufort » a été le théâtre d’un ensemble d’activités rendant hommage au premier sculpteur haïtien international Georges Liautaud.

Avant de passer à l’exposition des oeuvres de plus de quatre générations d’artistes, une conférence a été organisée dans l’objectif de faire un état des lieux de Noailles, village de naissance de M. Liautaud.

Plusieurs artistes dont M. Serge Jolimeau, auteur de la fameuse sculpture »La Diablesse » et trois des dix lauréats du concours ont défilé devant un public constitué d’environ une trentaine de personnes. Dans leurs interventions, ils ont tous procédé à des éloges de celui qu’ils ont considéré comme le plus grand des sculpteurs haïtiens.

« Nway pa ka pédi, se yon eritaj Liautaud kite pou nou » a déclaré l’un des artistes qui ont pris parole à la conférence.

Dans le cadre de ce plaidoyer pour sauver le village Noailles, AfricAmérica et ADAAC ont lancé l’exposition « Nway kanpe ». C’est dans cet optique qu’elles onat co-organisé pour la première fois le concours « Prix artistique Georges Liautaud ».

Ce concours, selon M. Mackseans Denis le directeur d’AfricAmérica, le concours a été organisé dans le but de montrer aux jeunes haïtiens, ceux de la Croix-des-Bouquets en particulier, qu’ils peuvent embrasser le « Fer découpé » comme métier.

Par là, le responsable de la fondation s’est mis en quête de nouvelles perspectives afin d’encourager les jeunes à la création, selon ce qu’il a dit. M. Mackseans Denis a avoué qu’il a déjà travaillé avec des jeunes qui ont profité de la première occasion qu’ils ont trouvée pour quiter le pays.

Selon M. Denis, cette première organisation de la compétition était ouverte uniquement aux jeunes cruciens en raison de la pandémie du Covid-19 mais aussi des moyens qui étaient disponibles. Le directeur qui avait l’air satisfait dit souhaiter que le concours s’étende sur tout le territoire national. Il a tenu à préciser que cette première édition s’était démarrée avec quatorze participants. Un effectif réduit en raison de la crise sanitaire.

Après la conférence qui a lieu dans le jardin de la Maison Dufort, M. Denis nous a conduits à l’intérieur du musée.  » Ici sont exposées les oeuvres de quatre générations d’artistes Noailles dont celles de Liautaud » a-t-il affirmé avant de préciser que la dernière étage a été consacrée aux 10 finalistes.

Édmond Germain, l’un des finalistes qui ont intervenu à cette occasion, a commencé par vanter les efforts que les deux organisations ont déployés pour réaliser ce projet. Il se dit satisfait de sa participation à ce prix et croit qu’il n’a pas regretté d’avoir tout donné à ce concours. Pour ce jeune homme, il faut tout faire pour conserver le fer découpé dans le village.

« Mwen pat anyen kounya m se yon atis » a-t-il poursuivi.

Selon le jeune sculpteur, malgré la situation d’insécurité qui sévit dans sa commune, Noailles peut garder l’espoir.

Georges Liautaud a été d’abord mécanicien avant de rencontrer DeWitt Peters et le peintre Antonio Joseph en 1953. Ces derniers, informés de certains travaux de Liautaud dont les grandes croix en fer forgé qui ornaient le cimétière de Croix des Bouquets, lui ont proposé de se consacrer à la sculpture.

En fait, l’oeuvre de l’artiste est une description de l’imaginaire haïtien. Elle est ce que nous pourrions appeler un tableau de notre réalité de peuple.

Mort à l’âge de 92 ans, Liautaud était plus connu à l’étranger qu’Haïti, à en croire le directeur d’AfricAmérica. Ainsi, conserver la tradition de métal découpé est une bonne manière de lui rendre hommage, selon les conclusions de ce dernier.

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