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3 août 2021
INTERNATIONAL

La liberté d’expression académique, d’éminents universitaires en parlent

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La Chaire d’enseignement et de recherche interethniques et interculturels, CERII, de concert avec le Centre de recherche Cultures – Arts – Société, CELAT ont organisé, le jeudi 28 mai, un webinaire sur le thème: « La liberté d’expression académique face à l’autocensure et à la censure ». Pour mieux cerner le sujet en question, Mounia Ait Kabboura, docteure en philosophie et chercheure en post doctorat, a reçu les professeurs Dimitrios Karmis, Dalie Giroux, Rachad Antonius et Khadiyatoulah Fall.

Le 28 mai dernier la CERII et le CELAT ont organisé via l’application Zoom, un webinaire sur le thème: « La liberté d’expression académique face à l’autocensure et à la censure ».

Ce débat fait suite à un certain nombre d’événements dans la société québécoise qui évoquent une sorte de racisme et qui, par là même, ont créé pas mal de polémiques. Ces derniers éléments ont occasionné la création d’un « Comité de réflexion sur la liberté d’expression dans le milieu universitaire » a rappelé les organisateurs dans la note de l’annonce du débat.

Les quatre professeurs d’université étaient partis de ces constats pour analyser « les nouveaux enjeux de la liberté académique et leurs conséquences sur les activités pédagogiques et la recherche ».

Dalie Giroux qui est professeure titulaire à l’Université d’Ottawa avait commencé par montrer son inquiétude par rapport à l’intervention de l’autorité judiciaire dans les affaires internes de l’université. Ce qui, selon elle, peut être une entrave aux recherches dans les milieux universitaires.

Elle avait tenu à montrer que la liberté d’expression académique se diffère de la liberté d’expression en général. Pour elle, la liberté d’expression dans le milieu universitaire a une mission spécifique. Celle-ci doit assurer la liberté de mener des recherches et de les publier sans aucun souci, la liberté de se positionner entre autres et, est sensée soutenue par l’objectivité.

Monsieur Rachad Antonius, est professeur titulaire retraité de l’UQAM et membre associé du CELAT avait axé son intervention sur la deuxième partie du sujet à savoir les conséquences de ses nouveaux enjeux sur les activités pédagogiques et la recherche.

En fait, pour M. Antonius, l’intervention de l’État dans les affaires de l’université peut être une possibilité d’espionnage. Comme Mme Giroux, il croit que ça peut servir d’obstacle à des idées et des recherches académiques.

À la proposition de l’autocensure c’est-à-dire, le fait pour les professeurs d’éviter l’usage de certains mots dits racistes et racisants, n’est pas à tenir.
 » Il faut que nous puissions utiliser les mots même si nous devons éviter les dérives » a-t-il martelé.

Selon le professeur, l’université c’est le savoir mais aussi les déstabilisations.
Le mieux à faire est donc d’éduquer les gens afin qu’ils apprennent à gérer ces dernières mais, pas question de supprimer un quelconque mot.

« Il n’y a pas qu’interdire la parole à quelqu’un comme moyen de réduction de la liberté d’expression. Délégitimer sa parole, faire en sorte que sa parole n’ait aucune valeur en est un », a déclaré le professeur retraité avant de faire savoir qu’il se préoccupe beaucoup plus des administrations dans leurs modes de gestion que des étudiants.

Quant àM. Khadiyatoulah Fall, il est professeur titulaire à l’UQAM et membre du CELAT. Le plus important pour lui était d’interroger l’expression » Liberté d’expression académique » question de trouver son essence.
Il croit qu’au lieu de l’évoquer dans un souci polémique et polémiste, on devrait procéder à sa réévaluation.

Dimitrios Karmis, professeur agrégé à l’Université d’Ottawa, est du côté de ceux qui croient qu’on devrait faire attention aux mots qu’on utilise. « On doit tenir compte de la sensibilité des autres » a-t-il fait savoir. Il croit que les gens doivent être éduqués de sorte qu’ils se rendent compte de la diversité qui existe au sein des communautés.

Le professeur en a profité pour établir une différence entre deux époques ou encore deux types d’université, celle où les professeurs ont été formés et celle où ils enseignent. C’est en effet sa façon à lui de dire aux autres enseignants que le monde a bougé et, ses valeurs avec lui.
Pour finir, il a tenu à nous rappeler que l’autorité du professeur est à la morale et professionnelle, sans donner trop de détails.

M. Pierre Anctil, professeur à l’Université à Ottawa qui a suivi la rencontre en ligne voit dans cette mise en examen de la liberté d’expression dans les universités, soutenue par les luttes antiracistes, une tentative d’enlever le Droit de réfléchir sur certains sujets.

Le professeur Khadiyatoulah Fall qui répondait à une question d’un internaute a reconnu qu’il faut tenir compte de tout. Cependant, il a déclaré que  » Le pédagogique n’est pas toujours logique. »

Ce dernier qui a appelé à un vivre-ensemble, a soutenu que c’est aux étudiants et aux enseignants de s’entendre afin de faire en sorte que leurs rapports entre eux ne soient pas déterminés par les autorités judiciaires comme tierce personne.

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