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3 août 2021
HAITI

Samba Atchasou un Tambouye prometteur

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De son vrai nom Narciss Choisimo, Samba Atchasou a appris à jouer au tambour à l’âge de 6 ans, à Lakou Souvenance, un patrimoine de la culture vaudoue, situé dans le département de l’Artibonite à 11 km du nord des Gonaïves. Enfant, il convoitait déjà cet instrument qui est devenu aujourd’hui son seul gagne-pain.

Adolescent, il savait déjà ce qu’il voulait faire une fois mature. Passionné de tambours, Narciss Choisimo alias Samba Atchasou, nous raconte qu’il séchait des cours, juste pour aller jouer au tambour. D’ailleurs, le milieu dans lequel il a grandi lui a été très favorable. Au début des années 2000, il a quitté la Cité de l’Indépendance à destination de la capitale. Après le terrible séisme qui a ravagé Port-au-Prince en janvier 2010, il a suivi un séminaire sur le folklore à l’Ecole Nationale des Arts (ENARTS), dans le but d’approfondir ses connaissances artistiques.

Aujourd’hui, il est souvent invité à partager des podiums avec d’autres musiciens. Il collabore avec des jazz, des artistes solo, on peut dire qu’il progresse dans le monde de ses rêves. Élevé à ‘’ Lakou Souvenance ‘’, joue un rôle fondamental dans la vie artistique de Choisimo. Entre les cérémonies mystiques et les séances de cours de musique, il a pu se frayer un chemin dans le milieu culturel haïtien ; un chemin qui est parfois parsemé d’embûches. ‘’ Parfois, je joue pour des personnes qui en retour se contentent de me payer les frais de transport et de repas ‘’ lâche-t-il avec une trace de déception dans la voix.

Narciss ne fait pas que jouer du tambour, il s’en inspire. Tambourineur depuis son plus jeune âge, le tambour, selon ce qu’il raconte, est son instrument de prédilection. ‘’ Quand j’entends le son d’un tambour, mon premier réflexe est d’aller plus près pour pouvoir mieux profiter de l’ambiance ‘’, avoue-t-il. 

Amoureux des musiques « rasin », Choisimo, en plus d’utiliser ses mains pour jouer, les utilise aussi pour écrire de la musique. En avril 2018, il a sorti Lafrico, une musique écrite depuis 2009 et qui était restée dans son tiroir à cause d’un manque de moyens économiques.

En 2015, grâce à Lionel Trouillot, il a laissé le pays pour aller participer à un festival en Martinique. Au cours de la même année, il a participé dans un autre festival cette fois-ci en République Dominicaine. Tout de suite après, il a fondé Rasin Tanbou Lou, un groupe qui n’a pas encore sorti de musique, mais qui joue de temps en temps dans des festivals en Haïti.

Jouer du tambour, c’est ce qu’il a toujours fait. D’ailleurs, il donne même des cours dans plusieurs centres culturels dans le pays dont la FOKAL. Il n’envisage même pas de faire autre chose. ‘’ Le tambour est encré dans mon âme, si je laisse ce métier un jour, j’aurais l’impression d’être un ‘’ mort-vivant ‘’, déclare l’artiste avec conviction.

Choisimo, en plus de continuer à frapper son tambour, compte sortir quelques musiques. Il voudrait aussi honorer son rêve qui est de sortir au moins un album dans sa carrière.

Néanmoins, le déclin de la musique racine pose problème à Choisimo. L’émergence d’autres tendances comme le Rap, le Trap, l’RNB pour ne citer que ceux-là, réduit le champ de travail de l’artiste. En effet, les chanteurs ces derniers temps utilisent rarement le tambour qui a été autrefois un instrument très prisé. Toutefois, Choisimo continue de perfectionner sa façon de jouer le tambour tout en espérant une remontée du rythme vaudou dans le milieu musical haïtien.

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